« Monsieur le Président,
Cher Didier,
Nous t’adressons cette lettre parce que la situation est exceptionnelle. Elle constitue donc un acte exceptionnel.
Qu’il n’y ait pas de malentendu, cette démarche entend contribuer positivement à l’unité du Mouvement Réformateur et à la reconquête de l’opinion publique.
Notre souhait est de permettre l’apaisement interne qui conduira à mettre fin aux expressions publiques de mécontentement.
Le courrier que tu as adressé à l’ensemble des mandataires en juillet dernier avait ouvert une perspective qui nous semblait prometteuse. Malheureusement, cette lettre n’a pas été suivie d’effets convaincants.
Le remplacement de la chef de groupe au Sénat et les commentaires sans ménagement exprimés publiquement par certains de ses collègues sont aujourd’hui considérés par beaucoup comme un avertissement à l’égard des mandataires de notre mouvement qui feraient valoir des opinions contraires à la position « officielle ». Cette malheureuse péripétie qui aurait pu être gérée de manière apaisante a mis à mal des principes qui nous sont naturels et chers comme la liberté d’opinion, le respect de l’autre et la tolérance.
Par ailleurs, nous constatons que contrairement aux engagements de juillet, les organes statutaires ont été désignés unilatéralement et sans équilibre démocratique. Certains de ces organes ne sont pas convoqués de manière régulière. Le bureau ne s’est réuni que deux fois depuis juillet. Les ordres du jour tels qu’ils sont établis évitent les débats fondamentaux qui permettraient le rassemblement de toutes les énergies, de toutes les bonnes volontés, avec pour seul objectif, l’unité du Mouvement Réformateur.
Les orientations sont souvent défendues sans qu’un dialogue préalable ni un débat ni même parfois une information soit parvenue aux responsables du mouvement.
De nombreux mandataires ont appris par la presse l’initiative de créer une nouvelle composante du mouvement en Wallonie qui viserait à combler le déficit de sensibilité sociale des libéraux.
Nombre de militants et de mandataires ont reçu cette action comme un affront injuste.
Nous redoutons que le moment choisi pour la refondation soit trop éloigné pour mettre notre mouvement en ordre de marche pour les échéances électorales de 2011 et 2012 et pour te permettre par la position incontournable et le crédit international dont tu disposes de tirer l’avantage que nous méritons de la Présidence belge de l’Union européenne.
A ce propos, et pour qu’il n’y ait pas la moindre équivoque, nous entendons te réaffirmer notre total soutien en tant que Vice-premier Ministre, Ministres des Finances et des Réformes institutionnelles. Nous mesurons à sa juste valeur la manière irréprochable et pertinente avec laquelle tu défends nos idées et notre programme électoral dans ce gouvernement.
Nous sommes convaincus qu’une immense majorité de membres et d’électeurs te soutiennent dans ta haute fonction gouvernementale et qu’ils doutent de la valeur ajoutée du cumul de cette fonction avec celle de Président de notre mouvement.
Ta décision de maintenir ce cumul est certes conforme aux statuts mais suscite en permanence des critiques qui empêchent l’apaisement et le retour à l’alliance de toutes les bonnes volontés.
Monsieur le Président,
Cher Didier,
La démarche que nous initions n’a pour but que d’être constructive et se veut une contribution amicale et positive à la refondation de notre mouvement.
Nos militants, nos membres et nos électeurs attendent de nous que nous mettions tout en oeuvre pour répondre à leurs attentes et à leurs inquiétudes.
Nous te proposons d’organiser donc endéans les 2 mois une élection à la présidence du MR, sinon à tout le moins, une consultation de tous les membres par un vote sur le principe du cumul et le cas échéant sur la fonction à privilégier.
Cette démarche ne sera pas rendue publique avant que tu n’aies apporté une réponse à nos préoccupations. Tous les signataires s’engagent formellement à ne plus s’exprimer publiquement sur ces questions.
Crois bien dans l’assurance de nos sentiments sincères et respectueux.»
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